On nous présente l’IA à l’envers. Et si on remettait les choses à l’endroit?

par | Sep 17, 2025 | Blogue

La semaine dernière, j’étais assise dans une salle comble par une superbe journée de conférences bien orchestrée par des experts. Le thème central : La convergence vers la souveraineté numérique. Sur scène, les mots fusaient : Un cloud québécois, migration vers des technologies adaptées aux besoins des grandes entreprises, disruption, performance, algorithmes, avenir avec l’IA… L’énergie était électrique, remplie des promesses grandioses de l’intelligence artificielle et de nouvelles solutions performantes pour les TI. C’était fascinant.

Pourtant, au milieu de ce tourbillon technologique, une idée dérangeante s’est installée en moi. On nous expliquait par le menu comment nous, les humains, les entrepreneurs, les équipes, devions nous adapter, nous former et nous transformer pour cette révolution imminente qui demande des experts dans tous les domaines de la gestion de données.

Et j’ai réalisé qu’on nous présentait l’histoire complètement à l’envers. La vraie question n’est pas de savoir comment nous allons nous adapter à l’IA. C’est de savoir comment l’IA va enfin s’adapter à nous.

Le Dogme de la Technologie : L’injonction permanente à « vous adapter »

Si vous êtes entrepreneur ou chef d’entreprise, vous connaissez ce refrain. Le discours dominant sur l’innovation est clair : une nouvelle technologie arrive, et c’est à vous de courir pour suivre le rythme. On vous envoie un message, souvent implicite, qui place toute la pression sur vos épaules. Performez ou mourrez est le leitmotiv pour vous inciter à adopter ces nouveaux changements.

  • On vous dit de former vos équipes, comme si leur savoir-faire actuel était soudainement devenu obsolète.
  • On vous dit de revoir tous vos processus, comme s’ils étaient fondamentalement inefficaces.
  • On vous dit d’investir massivement dans des outils, avant même d’avoir défini le problème que vous cherchez à résoudre.

Cette approche place la technologie sur un piédestal et considère l’humain comme la variable d’ajustement. La conséquence? Elle génère de la peur, de la résistance et un sentiment d’être constamment dépassé. Elle nous force à nous poser les mauvaises questions.

Remettre l’humain au poste de pilotage

Alors, comment faire pour inverser cette tendance? Comment remettre les choses à l’endroit?

Cela me rappelle la fameuse approche d’Elon Musk face à des problèmes complexes. Il explique que la première étape, la plus cruciale, n’est pas de chercher des solutions, mais de questionner les exigences elles-mêmes. Sa philosophie est simple : il est très facile de concevoir une solution parfaite à un problème stupide ou à une mauvaise question. Le vrai travail consiste à s’assurer que l’objectif de départ est le bon.

Eh bien, dans le monde de l’IA qu’on nous présente aujourd’hui, nous faisons face exactement à la même erreur de raisonnement.

On nous bombarde de solutions, de plateformes et de logiciels, en acceptant une exigence de départ sans jamais la remettre en question. Cette exigence implicite, ce postulat de base qu’on nous impose est que l’humain doit s’adapter à la machine s’il ne veut pas perdre sa place.

Et si on appliquait un raisonnement par les premiers principes, comme le ferait Musk? Quelle est la vérité fondamentale, la plus simple? La vérité, c’est que la technologie n’est qu’un outil. Et un outil, par définition, doit être conçu pour servir celui qui l’utilise, et non l’inverse.

C’est là que tout bascule.

En refusant l’exigence de départ, on peut enfin poser la bonne question. Au lieu de demander : Comment mon équipe peut-elle utiliser cet outil?, demandons-nous plutôt :

Comment cet outil peut-il réellement servir mon équipe, amplifier son talent unique et préserver notre culture d’entreprise? 

Cette simple inversion change tout. Elle nous fait passer d’une position de passivité à une position de leadership. Dans cette vision, l’IA n’est plus un rouleau compresseur qui uniformise tout sur son passage. Elle devient un allié sur mesure qui :

  1. Augmente, sans jamais remplacer. Le but n’est pas de se débarrasser de votre meilleur vendeur, mais de lui donner un assistant qui s’occupe de la paperasse pour qu’il passe plus de temps à bâtir des relations.
  2. S’intègre à votre culture. Une technologie doit s’adapter à vos valeurs, pas l’inverse. Si la collaboration est au cœur de votre PME, l’IA doit la faciliter, pas l’isoler derrière des écrans.
  3. Libère le potentiel humain. Le véritable gain de l’IA est d’automatiser le répétitif et le fastidieux pour libérer du temps pour ce que seuls les humains peuvent faire : innover, créer, rassurer un client, faire preuve d’empathie et prendre des décisions stratégiques.

De la philosophie à la pratique : L’IA à visage humain, ça ressemble à quoi?

Cette vision n’est pas qu’une belle idée, elle a des applications très concrètes qui respectent vos équipes et vos clients.

  • Pour votre service client : Plutôt qu’un chatbot froid qui récite un script et frustre vos clients, imaginez une IA qui assiste votre agent humain. Pendant que l’agent se concentre sur l’écoute et l’empathie, l’IA lui fournit en temps réel la bonne information, l’historique du client, les solutions possibles. L’humain reste au cœur de la relation, mais il est plus efficace.
  • Pour vos opérations : Plutôt qu’un système rigide qui force vos employés à suivre des étapes contre-intuitives, imaginez une IA qui apprend de vos meilleurs techniciens. Elle observe leurs méthodes, identifie les schémas de réussite et peut ensuite guider les nouvelles recrues en s’inspirant des pratiques de vos experts, préservant ainsi votre savoir-faire interne.

La prochaine étape n’est pas un achat, c’est une conversation.

Remettre l’humain au centre de la technologie n’est pas un projet informatique. C’est un choix de leadership. C’est décider que les outils doivent être à notre service, et non l’inverse.

Et la première étape pour y arriver n’est pas de signer un chèque pour un logiciel ou une technologie, mais d’avoir une bonne conversation. De se poser les bonnes questions. En quoi l’IA sera utile à votre équipe? Pourquoi ensemble , ne pourrions-nous remettre les choses à l’endroit et partir du début?

C’est cette discussion que je souhaite avoir avec vous. Je vous invite à prendre une pause-café de 25 minutes, virtuelle ou en personne, pour en jaser. Sans jargon, sans présentation de vente. Simplement pour commencer à parler de l’IA, mais cette fois, du point de vue de l’humain.

Au plaisir de discuter avec vous!

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